samedi 27 octobre 2012

Les lendemains qui déchantent


Je n’ai plus vingt ans. Ça m’est venu sur un coup de tête. Plutôt un coup sur la tête. C’était hier soir, aux alentours de très tôt ce matin.

Une petite sortie entre amis, entre gens de bonne compagnie. Une histoire de gentilhomme en somme. La suite est connue. L’éternel retour de Nietsche, l’histoire sans fin, le serpent qui se mord la queue. Bref, j’ai bu. Beaucoup. Ça ne m’était plus arrivé depuis la nuit des temps récents. Jusque-là rien de neuf. Je n’en disconviens pas.

 Là où ceci devient intéressant, c’est au réveil. Trois coups discrets sur la porte et j’entrevois la mine décomposée de la ménagère.

Elle : Monsieur il y a des gens qui dorment dans le salon
Moi : mgnngnghqpkjkjcvoq
Elle : Il est 16h...
Moi : arggggghhhh

Je me suis alors levé, gorgé d’adrénaline à l’idée de la matinée qui s’était jouée de moi.  J’ai bondi avec la grâce féline de celui qui ne sait pas encore la douleur imminente d’un cerveau laminé. Elle aussi elle a bondi et disparu. Je n’ai pas compris.

J’arpente la maison le regard hagard en me demandant qui diable avais-je pu ramener au domicile conjugal en l’absence de mon épouse. 

 A bout de souffle, je découvre –ouf- un des gentilshommes de la veille. Il est dans une profonde léthargie.
Je me ressaisi et les idées prennent forment. Je me souviens. La tournée des grands ducs, la ballade des gens heureux, le calice et la lie. Je rencontre de nouveau la ménagère. Elle se colle au mur, l’œil rivé au sol. Je me dis qu’elle aussi a dû avoir une soirée avinée.

Une légère brise entre par la fenêtre entre-ouverte. Cet air frais me pénètre plus que de raison. Pourquoi tant de frisons ? La réponse me saute au visage comme une évidence. Je suis tout nu. Je comprends mieux…
La ménagère a disparu pour de bon. Tout cela me paraît bien compliqué. Je retourne me coucher. 

mercredi 24 octobre 2012

De l'eau et des bulles



Les petits ruisseaux font les grandes rivières en littérature. Ici-bas, la réalité dépasse parfois la fiction. Ma fibre écologique a vibré ce matin à mon réveil. Il pleuvait à verse, des trombes d’eaux et des torrents de larmes divines. 

Libreville la côtière se douchait de sa torpeur et sur ma terrasse, je m’éveillais d’un rêve,  mouillé (ah, cette virgule qui me sauve). 

A mon tour dévêtu, sous le pommeau de douche, je me remémore  l’inépuisable bienfait de l’eau.

 Mémoire à court terme, mémoire heureuse à peine entamée par la réalité cuisante… Il pleut dehors mais il n’y a plus d’eau dans les conduits. Après quelques vers de Verlaine, (Il pleure dans mon cœur, Comme il pleut sur la ville) la pluie cesse et la pénurie continue.

 Réveil douloureux, l’élément liquide s’est fait rare dans les armoires et la flaque dans la rue n’aidera en rien ma toilette. Un lézard narquois sur le plafond me susurre la vanité de toutes choses quand l’eau vient à manquer.

Un martini, une vodka, de la bière, quelques bulles en bouteille en guise d’eau de vie. Ni une, ni deux, j’ai fait mon choix... Une toilette complète en 2 litres et 5 minutes chrono. Je me rêve en modèle et précurseur écologique de l’or bleu. 

Un simple hommage à San Pellegrino me dédouanera des remarques éventuelles. Je me sens pétillant ce matin.